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Les chefs – Les champions communautaires d’aujourd’hui

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Quand il s’agit de redonner à la communauté, un certain nombre de chefs mènent la charge. En voici trois qui font une différence

 

par Lawrence Herzog

Lorsque Ned Bell, chef de l’Hôtel Four Seasons de Vancouver, a enfourché son vélo à St. John’s, Terre-Neuve lors de la dernière fête du Canada pour une traversée du pays de 10 semaines, il avait plus en tête que d’atteindre la côte ouest. Il désirait sensibiliser les gens à la provenance de nos produits de la mer et créer un vent de changement, en faisant la promotion de la Journée nationale des fruits de mer durables et en mettant l’accent sur la nécessité de préserver la santé des lacs, des rivières et des océans.

«Les chefs pouvaient plaider l’ignorance il y a 25 ans, mais plus maintenant, de dire M. Bell. On a vu l’effondrement des pêcheries, la création de programmes de conservation comme OceanWise et SeaChoice, et on ne peut pas continuer à prendre et à prendre sans conséquence. Je nourris des milliers de personnes chaque mois et j’ai la responsabilité de m’assurer que je sais d’où la nourriture provient, qu’elle est salubre et durable et d’éduquer mes clients.»

Lors de son périple pancanadien sur plus de 8 700 kilomètres, M. Bell a découvert que la plupart des Canadiens veulent faire des choix alimentaires éclairés et judicieux. «Les gens sont préoccupés par ce que l’on fait pousser, ce que l’on élève et ce que l’on consomme, et les chefs sont dans une position unique pour diffuser le message. Il est vital que nous le fassions maintenant avant qu’il ne soit trop tard.»

Par l’intermédiaire de sa fondation Chefs for Oceans, M. Bell s’efforce de créer un mouvement qui, dans les 10 prochaines années, permettra aux Canadiens d’avoir accès aisément à des fruits de mer durables. «La popularité des fruits de mer ne va pas changer; il faut donc regarder l’aquaculture terrestre en parcs clos comme moyen de nourrir la population mondiale», dit-il.

chefsforoceans.com

 

Appuyer les jeunes chefs

Pour les jeunes hommes et les jeunes femmes qui commencent leur carrière en cuisine, le soutien et la chance de se mesurer aux autres et de parfaire leurs compétences font une énorme différence. Un chef de Vancouver, David Hawksworth, a vu cette approche à l’œuvre pendant ses dix années en Europe et il a décidé de l’essayer au Canada. En 2013, il a lancé la Hawksworth Young Chef Scholarship Foundation, qui décerne chaque année 10 000 $ et un stage dans un restaurant international pour stimuler la carrière d’un jeune cuisinier professionnel.

«Je désire inspirer et appuyer les talentueux jeunes chefs de partout au pays», explique-t-il. La réponse de la communauté culinaire canadienne a été enthousiaste, et après une seule année, le programme a pris de l’expansion et, en 2014, a tenu des compétitions régionales à Calgary et à Toronto. «Seize juges se sont joints à nous et nous ont appuyés sans hésiter.»

Grâce aux 10 000 $ fournis par la Chefs’ Table Society de la C.-B. et le solide soutien de commanditaires, dont GFS et Freybe, le programme repose sur des bases solides. Il prend encore de l’expansion cette année, avec des compétitions régionales à Vancouver, Calgary, Toronto et Montréal, suivies de la finale à Vancouver.

«C’est fantastique, parce qu’en allant dans d’autres villes, nous enlevons d’autres obstacles et, en même temps, nous rehaussons le calibre des concurrents, souligne M. Hawksworth. En fournissant aux meilleurs jeunes chefs un moyen de se faire connaître et d’acquérir de l’expérience, on se dote d’une communauté culinaire plus forte. Je suis très enthousiaste à l’idée de créer un héritage durable qui présente de jeunes talents et célèbre la cuisine canadienne.»

http://hawksworthscholarship.com

 

Personnifier le changement

Willy Beaudry est chef au Waterfront Restaurant à l’Hôtel Crest à Prince Rupert, Colombie-Britannique et il croit en la puissance de la différence qu’une personne passionnée et engagée peut faire. «Je suis juste un seul homme dans une petite ville, mais je peux influencer le monde, et d’autres le peuvent aussi», dit-il. Grâce à son travail avec la Fondation Okala, qui construit une clinique médicale et des écoles au Cameroun, il a découvert la satisfaction qui découle d’aider des gens dans le besoin.

«En tant que chef, redonner est important pour moi, et à mesure que je vieillis, je désire aider davantage là où je peux. La race humaine va s’éteindre si nous ne changeons pas notre façon de vivre sur cette planète, et on ne peut pas attendre que le gouvernement ou les entreprises fassent ces changements. Nous devons mener le changement, en tant que personnes et encourager les autres à faire de même.»

Beaudry, qui participe également aux œuvres caritatives Chefs for Humanity et Prince Rupert Hospice Society, mène des campagnes de financement locales, comme un événement à 100 $ l’assiette qui a eu lieu à l’hôtel en février dernier. «Ces collectes de fonds visent à embaucher une infirmière à plein temps et un médecin à temps partiel pour la clinique au Cameroun et à sauver des vies. Notre équipe de cuisiniers et de bénévoles est composée de gens occupés ayant tous un emploi à plein temps, mais c’est une cause importante. Il ne faut pas beaucoup d’efforts pour faire une différence, et c’est une part importante de la satisfaction que l’on retire.»

Il encourage aussi son réseau et les entreprises locales à faire un don et il a commencé à choisir ses fournisseurs en se basant en partie sur leur attitude d’entraide. «On doit pouvoir donner et pas seulement recevoir. Je suis plus susceptible de faire des affaires avec ceux qui font leur part pour faire une différence dans la communauté.»

http://okalafoundation.org